Des pommes, des poires et ....
mercredi 17 octobre 2007
Que ce soit au niveau du prix du lait ou du blé, au niveau du cri d’alarme des jeunes agriculteurs français qui financent de pleines pages dans les quotidiens, ou encore d’études qui montrent que les français consomment de moins en moins de fruits et légumes, les projecteurs sont braqués.
Cette question de la place de l’agriculture dans notre modèle économique et social, figure au rang des grandes thématiques retenues par notre collectif.
Nous avons montré dans de précédents billets (AGRICULTURE ou AGRICULTUREL en Mars 2007), en quoi une agriculture française forte, est un moteur, de développement qui dépasse très largement l’aspect nourricier, ou le « FOOD POWER ».
Nous redoutons néanmoins, les orientations de la commission ATTALI visant a libérer totalement la distribution, si en amont, et en particulier en matière alimentaire, on ne met pas en place des circuits courts et vertueux.
A cet égard je voudrais livrer au lecteur, une réflexion, tirée d’une question d’un jeune enfant, qui s’étonnait "de ne plus trouver de cerises en octobre"
Si les français consomment de moins en moins de fruits et légumes, c’est sans doute en raison des prix, mais aussi, en raison d’une moindre appétence pour des produits insipides, mûris à la hâte, flétris par un transport, long, coûteux et polluant, et par une banalisation de présentation .
Il faut remettre les pendules à l’heure, expliquer, aux enfants que les cerises c’est en juin, les raisins en septembre, les kiwis en décembre. Ainsi ils vont les attendre, avoir des produits récoltés, en proximité, et retrouver le goût et une hygiène alimentaire éliminant l’obésité.
Il y a là, une vraie piste, car outre la relance de pans entiers de notre agriculture, les transports seront diminués, avec leurs cortéges de nuisances. Les jeunes agriculteurs ont raison, quand ils signalent que délocaliser c’est utiliser du pétrole pour importer nos aliments. Ils ont raison quand ils pointent les risques en matière de traçabilité des produits.
Ils ont encore raison quand ils exhortent de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, en coupant l’agriculture de toute modernité, au prétexte d’un environnement à préserver. Il y a un juste milieu, et les agriculteurs sont les premiers à le savoir.
Donnons aux jeunes agriculteurs, et notamment en périphérie des villes, des terrains qu’ils recherchent, pour y développer des cultures de proximité.
Etendons le principe des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) voir notre billet de juillet 2007, pour qu’il soit le cas échéant piloté par les collectivités locales, nous y trouverons des emplois, une hygiène de vie, une sécurité et une indépendance d’approvisionnement, et nous tisserons du lien social entre l’urbain et l’agricole.
Richard HASSELMANN
Sources crédits et copyrights
AFP
Les AMAP
Libellés : agriculture, ecologie, economie, france
AGRICULTURE ou AGRICULTUREL ?
mercredi 21 mars 2007

Nous appelons de nos vœux un projet collectif, en lieu et place de l’addition de revendications individuelles de »boutiquiers », corporatistes, entretenus par des politiciens « à vie » qui ont vite compris que maintenir le citoyen dans un rôle de « Payeur/consommateur » est très confortable.
L’économique doit avoir le social comme valeur absolue, cela implique que l’éthique soit en permanence à l’esprit.
Quid de l’agriculture me direz vous ?
Au moment ou vient de se clôturer le salon de l’Agriculture, au moment ou le cycle de DOHA montre ses limites, et ou l’OMC revisite la PAC , l’Agriculture est un beau terrain pour expérimenter cette vision collective.
La France est le premier pays agricole d’Europe. Notre terre, notre climat, notre tradition agraire adossée à la qualité globale de nos technologies ne sont pas délocalisables.
Il est dés lors primordial de faire de cette filière l’instrument premier de notre sursaut économique, car elle est polymorphe.
L’agriculture c’est en premier lieu l’alimentaire, ce « food power » cher aux Américains, mais c’est aussi une vrai rôle au niveau de la sauvegarde des espaces et du tourisme.
C’est déjà beaucoup, mais ce serait ignorer le « Bio » décliné en 3 axes, riches en emplois, en marchés à l’export et en apport environnemental. Je veux parler des biomatériaux , des biocosmétiques et bien sur des biocarburants .
Voilà une mission régalienne claire, pour un Etat responsable, doté d’un « Ministère du Plan » efficient comme nous l’avons expliqué récemment.
L’Agriculture, après l’exception culturelle, mérite d’être l’exception « AGRICULTURELLE ».
Fixons nous pour objectif dans les 5 ans de remettre en exploitation le million d’hectares en jachère, et protégeons ces espaces contre les « molochs» qui se nourrissent du foncier non bâti (routes, voies ferrées, zones industrielles, ou promotion immobilière).
Affectons ces jachères à des fins non alimentaires, en aidant financièrement les filières.
Accentuons dans le même temps la réponse aménagement du territoire en allégeant la réglementation fiscale et sanitaire tatillonne pour les gîtes ruraux. Laissons aux touristes le soin ce trier le bon grain de l’ivraie.
Ralph NADER disait, lors de ses premières croisades consuméristes que lorsque le consommateur aura pris conscience de sa puissance, il sera le meilleur juge de paix.
Nous y sommes !
Richard HASSELMANN
Crédit photo et sources
VINCE
WIKIPEDIA
Libellés : agriculture, planète, politique, présidentielle